Dans le cadre de la semaine de la francophonie, trois membres de l’association parisienne Sorbonne Sonore ont été invités au lycée Notre Dame de Sion afin de faire découvrir la lecture à voix haute aux élèves en cours d’apprentissage du français. La jeune association (elle a six ans), membre du service culturel de l’université réputée La Sorbonne, entend promouvoir la lecture orale. Cette promotion dépasse les frontières françaises puisque l’association enregistre déjà des partenariats internationaux, notamment en Allemagne, en Belgique, en Croatie, en Lituanie… et en Turquie.
Le lycée accueille en effet des membres de l’association depuis trois ans, membres qui se félicitent d’avoir comme public des élèves « motivés, intéressés, et toujours de bonne humeur ». S’ils ont l’habitude d’intervenir auprès de publics variés, travailler avec des élèves apprenant le français représente un autre défi. Ils s’adaptent en prenant comme supports des textes déjà connus par les élèves, et en adoptant un vocabulaire relativement simple afin d’être bien compris. Cela ne les empêche pas de prodiguer mille conseils aux lecteurs en herbe qui font la lecture, chacun leur tour, d’un extrait court devant un public constitué de leurs camarades.
Cette année, le thème du football était à l’honneur afin de stimuler l’intérêt des adolescents. Mais derrière la thématique choisie en arrière-plan, il s’agit de donner vie à ces textes par le biais de la lecture orale. Celle-ci, nous informe les deux jeunes intervenants, donne une autre perspective au texte froid qui apparaît sous nos yeux. La lecture à voix haute demande une « maîtrise de son émotion, et une affirmation de soi », que ce soit dans les passages de joie, d’espoir ou de perplexité qui ont été proposés. Le thème du football a passionné certains garçons, aussi les orateurs rappellent qu’il faut savoir « mettre son énergie au service du texte ». Une lecture réussie peut donner envie de continuer la lecture d’un texte par et pour soi-même. C’est donc un moyen de découvrir la littérature, dans son acceptation la plus large puisque « l’on peut lire un article de journal d’une manière passionnée, tout comme il peut en être fait une lecture très plate et ennuyeuse ».
Au lycée Notre Dame de Sion, cet exercice prenait également une autre dimension puisque les élèves sont en cours d’apprentissage du français. A nouveau, les intervenants insistent sur les avantages de la lecture orale, qui demande un travail de la ponctuation et prononciation, et permet de « mieux se souvenir des mots et des manières d’écrire », sans avoir l’impression ennuyeuse d’apprendre par cœur. Les intervenants concluent ainsi en affirmant que lire à voix haute revient à « travailler tous les aspects quand on travaille une langue ». Pour autant, ils sont conscients de n’être présents qu’une semaine à Istanbul et malgré les multiples conseils donnés, - concernant la respiration, le rythme, la façon de se tenir – ceux-ci seraient sans doute rapidement oubliés sans le relais effectué par les professeurs. Le projet est heureusement continué par une équipe pédagogique sensibilisée à la cause de la lecture orale. Ils ont demandé aux élèves d’enregistrer un CD audio regroupant les passages travaillés, et une récompense sera attribuée aux deux meilleures prestations orales.
Il semblerait donc que le lycée ait une nouvelle fois visé juste, en misant sur des interventions dynamiques et ludiques.


