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Discours de la Présidente du jury Tomris Alpay...

Discours de la Présidente du jury Tomris Alpay

Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Consul Général,
Monsieur Jean-Paul Didierlaurent et Madame Aysel Bora,

Nous sommes de nouveau rassemblés dans cette salle en ce jour de mai pour la dixième édition du Prix littéraire Notre-Dame de Sion. Votre présence chaleureuse rend ces réunions significatives. Vous ne nous avez pas laissés seuls. Nous vous souhaitons la bienvenue et nous vous remercions de nous avoir honorés de votre présence.
Ceux qui vivent à Istanbul le savent bien : dans cette ville magique, “tout se passe subitement” comme dit le poète. Le printemps arrive tout d’un coup. Vous remarquez soudainement que les branches des arbres de Judée, qui annoncent le printemps, ont fleuri tout au long du Bosphore.
Lors des matinées de printemps, Istanbul devient lumineux et coloré. Lorsque les vers des poètes accompagnent tout cela, on dirait que l’enthousiasme printanier “déploie ses ailes” tout comme dans le poème d’Orhan Veli Kanık intitulé “Les premiers matins du printemps” :
Lors de ces matinées, je deviens plus léger que la plume
Un brin de soleil sur le toit d’en face,
Le gazouillis et le chant des oiseaux dans mes oreilles,
Je me mets en route tout en criant.
Ma tête tourne sans cesse dans l’air
Il me semble que les jours se passeront toujours bien,
Je regarde comme ça chaque matin
Ni le travail ni ma pauvreté ne me reviennent à l’esprit.
Laissant de côté les ennuis,
Je me contente de ma poésie,
Je m’en console.
Le Prix littéraire Notre-Dame de Sion, premier dans son genre, a également intégré les élèves au cours de ses dix années d’aventure. Nous continuons à apporter nos contributions avec le Prix littéraire Notre-Dame de Sion, reflétant les développements qui passent au premier plan dans les choix des jeunes.
En tant que membres du jury, nous avons récupéré notre souffle dans un monde différent. Cette année encore, nous nous sommes attristés et réjouis - ou nous avons trouvé la consolation comme dit le poète -, bien que ce ne soit que pour quelques heures, à travers les métaphores émergeant entre les lignes dans les ouvrages des écrivains. Ces derniers rapprochent les individus dont les villes, les vies, les occupations et les langues sont différentes et en décrivant leurs situations. Tout le monde a besoin de ces escapades.
Maintenant je partagerai avec vous le nom des écrivains, qui nous ont invités à un voyage imaginaire au cours de ces dix ans.
Gürsel Korat... Ayşegül Çelik
Sylvie Germain
Yalçın Tosun... Gaye Boralıoğlu
Mathias Enard... Jean louis Fournier
Murat Gülsoy
Atiq Rahimi
Şebnem İşigüzel... Tuğba Doğan
Maylis de Kerangal
Bahar Aslan... Melisa Kesmez
En votre présence, nous présentons nos remerciements à nos écrivains.
Conformément à son règlement, le Prix Littéraire Notre-Dame de Sion 2018 a été décerné cette année à un ouvrage écrit en français et traduit en turc dans les deux dernières années. Comme vous le remarquerez vous-mêmes, notre choix sur les ouvrages traduits s’avère limité aux sélections des maisons de publication.
Chers invités, le Prix Littéraire Notre-Dame de Sion 2018 a été attribué à Jean-Paul Didierlaurent, auteur de l’ouvrage “Le Liseur du 6h27”, qui nous révèle la vie urbaine de nos jours à travers des scènes amusantes d’une part, sombres et dramatiques de l’autre. A travers cet ouvrage de fiction moderne, Didierlaurent nous emporte dans un monde fantastique avec des personnages vivants et inanimés.
Le personnage principal, Guylain, qui mène une vie solitaire avec son poisson rouge, effectue un travail qu’il déteste et a un patron et un collègue qu’il n’aime point. En outre, l’un de ses amis s’est fait arracher ses deux jambes par une machine à broyer les livres devant ses yeux. Hanté par un sentiment de vengeance contre Zerstor 500 ou, en d’autres mots, contre la “Chose” qui broie au sein de son tronc les livres envoyés pour le recyclage, Guylain lit chaque matin dans le train de 6h27 qu’il prend régulièrement une page des livres qu’il a récupérée des dents de la machine la veille en fin de journée. Alors que la vie poursuit son cours ordinaire, Guylain trouve une mémoire flash dans le train de 6h27.
Les choses évoluent de manière à évoquer le proverbe qui dit : “Il y a de l’espoir là où l’obscurité s’assombrit”. A partir de ce moment, la vie de Guylain s’ouvre à des changements, à de belles rencontres et à des surprises.
L’écrivain symbolise le rythme vicieux de la vie et l’état d’âme coincé dans les mégapoles avec les dents de la machine à broyer Zerstor 500 qui se trouve dans la fabrique de recyclage de papier. Les personnages poursuivent leurs quêtes dans les pages de livres récupérés et dans les poésies récitées. Cette quête conduira tous les personnages à une fin heureuse dans les pages à venir.
Lorsque le roman prend fin, nous nous posons la question si l’auteur fait allusion à la disparition progressive de nos livres et à leur remplacement par un environnement numérique.
Au nom du Jury du Prix Littéraire Notre-Dame de Sion, je félicite vivement l’auteur du "Liseur du 6h27", Jean-Paul Didierlaurent, pour son style fluide avec lequel il nous relate la force de l’amour de la lecture et lui souhaite plein succès dans sa future carrière.
Lorsqu’il s’agit d’un ouvrage écrit en langue française, notre règlement nous incite à considérer la traduction avec beaucoup de sensibilité. La traductrice est primée pour la première fois dans notre pays dans le cadre du Prix Littéraire Notre-Dame de Sion. Notre point de départ a été l’idée qu’une bonne traduction recrée l’ouvrage dans la langue dans laquelle il a été traduit.
En tant que jury du Prix Littéraire Notre-Dame de Sion. nous félicitons vivement Aysel Bora à qui nous avons déjà attribué le meilleur prix de traduction et qui a fait entrer dans la langue turque l’ouvrage intitulé “Le Liseur du 6h27”.
Nous, les membres du jury, nous avons eu entre collègues des échanges enrichissants durant ces dix dernières années. Nous avons parfois éprouvé de la joie et parfois de la tristesse. Je vous remercie sincèrement Yazgülü Aldoğan, Mayda Saris, Özlem Yüzak, Lizi Behmeroas, Emel Kefeli, Zeynep Sabuncu, Arzu Öztürkmen, Mine Haksal pour leur collaboration qui s’est encore renforcée avec tous ces sentiments. Chère Lale Murtezaoğlu, tu as également apporté ta contribution à ce prix, je te remercie sincèrement.
Chers invités, je vous salue respectueusement et vous souhaite une bonne soirée.

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