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Rencontre avec Paul Fournel

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Rencontre avec Paul Fournel et impressions des élèves des classes 3TMB et 3S à ce propos :

« Quand nous sommes allés là, avant, on a commencé par les questions qu’on avait préparées à l’école. Il était très sympa et on comprenait tout ce qu’il disait parce qu’il avait un langage très simple, il utilisait des mots qu’on savait. Il nous a dit que les titres étaient très importants pour lui parce qu’il ne pouvait pas écrire une nouvelle sans savoir le titre. Il nous a dit qu’il connaissait Nazim Hikmet et qu’il était venu en Turquie pour faire du vélo aux bords du Bosphore. Nous avons aimé cette rencontre. Il nous a fait écrire un poème à partir du prénom de notre professeur. C’était bien. » (Mustafa, Garo)

« La rencontre avec Paul Fournel, après avoir lu plusieurs de ses nouvelles en classe, était très agréable car quand on rencontre l’écrivain dont on a lu les nouvelles, on arrive à mieux comprendre ses écritures. Il était très intéressé par nos travaux, les poèmes rédigés à partir des titres de ses nouvelles. Il nous a encouragé à les lire. Puis on a écrit un poème tous ensemble. On avait des questions à lui poser, il a tout expliqué à propos de sa création. Une des questions intéressantes était la raison pour laquelle il utilisait le langage familier dans sa nouvelle Le tueur qui raconte la préparation d’un boxeur à un match. Il nous a dit qu’il voulait utiliser le langage des boxeurs-par souci de réalisme. Puis, dans Coup de pompe, nouvelle qui dénonce le dopage et les histoires d’argent dans le monde du sport, on lui a demandé la signification « des gros pardessus » qui désignaient les hommes qui financent le sport. Il nous a expliqué qu’il voulait marquer le contraste entre le petit sportif qui a froid, qui s’entraîne dans le froid et ces gros industriels qui le guettent, évaluent ses performances, bien au chaud dans leur « pardessus ». A la fin, on a compris que ce nous avions interprété en cours ne correspondait pas à son explication. On a compris ici l’écart entre les interprétations purement scolaires (parfois subjectives) et les véritables intentions de l’auteur. Par ailleurs, il nous a expliqué qu’un extrait d’un de ses textes avait été proposé au brevet des collèges et qu’il avait été surpris par les intentions qu’on lui prêtait... comme si on lui parlait d’un texte qui ne lui appartenait pas ! Donc on peut dire que chaque écrivain a son point de vue à lui qu’on ne peut pas facilement imaginer. » (Müge-Lara)

« On a eu la chance de lire ses nouvelles pendant les cours de français. Premièrement, on les a trouvés ennuyeux parce qu’ils étaient incompréhensibles pour nous. Comme on étudie le Français depuis quatre ans, c’était difficile de bien comprendre ses expressions actuelles. Par contre il a choisi des sujets qui étaient intéressants comme le sport. Ils n’étaient pas trop clichés. On peut dire qu’il a un point de vue différent lorsqu’il parle des sportifs : il en montre surtout les côtés négatifs- leur échec et non leur réussite comme on l’a vu dans la nouvelle « Les athlètes dans leur tête ». Il nous a expliqué alors que les sportifs étaient les seuls à accepter leur victoire comme leur défaite, le fait d’être évalués et jugés... En plus on a eu l’honneur de le connaître après avoir lu ses oeuvres. Il était plus sympathique. C ’était un plaisir de parler avec lui. Merci pour votre visite. » (Sanem-Sinem)

« Premièrement on a aimé le style qu’il utilise : son langage est facile à comprendre. Les sujets qu’il nous montre dans ses nouvelles sont d’actualité et pas sophistiqués. Alors pour les jeunes comme nous c’est magnifique. On a vu qu’il pouvait communiquer facilement avec les jeunes et il nous a toujours donné la parole. Il était très gentil et sympa. On remercie beaucoup Paul Fournel pour être venu nous rencontrer à Istanbul et pour avoir partagé ses idées avec nous. C’était merveilleux. » (Can-Nazli)

« Je déteste les nouvelles de Paul Fournel car on a beaucoup travaillé sur ses nouvelles mais on a rien appris du tout car je connaissais déjà les histoires sur le dopage et aussi j’avais lu des nouvelles comme cela. » (Görkem)

« Je pense qu’il exagère des situations ou des événements comme le dopage. C’est la vie, tout le monde a des histoires comme cela mais il ne faut pas exagérer. En plus, je partage l’idée de ’l’art pour l’art mais ses nouvelles ne sont pas très littéraires et artistiques. » (Meric)

« Alors pour l’Oulipo et Paul Fournel, c’était assez intéressant pour moi de découvrir un genre littéraire différent même si on n’est pas habitué à lire ce genre de nouvelles. Mais je trouve ces jeux littéraires oulipiens pas vraiment nécessaires. C’est seulement pour être « marginal ». Je n’ai pas vraiment aimé ses nouvelles (elles font trop référence à l’actualité) à part l’histoire du détective Suivez moi qui raconte l’histoire d’un homme qui veut être suivi par Pac de Cro pour qu’on lui confirme tout simplement que sa vie est franchement monotone. Par contre, je ne m’attendais pas à rencontrer un monsieur si sympa et si gentil. L’ambiance dans la salle de l’Institut était chaleureuse. Voilà, j’espère le voir plus souvent dans notre pays puisqu’il aime la Turquie. » (Simge )

« Mercredi matin, à 11h 05 nous nous sommes réunis devant la porte de l’école. Vingt élèves, nous avons marché jusqu’à l’Institut Français. Quinze minutes de marche et nous y sommes. 3TMB et 3S ensemble, nous passons par la porte et les gardes de la sécurité nous ont accueilli avec le sourire. Mais on ne pouvait pas dire la même chose pour la dame qui travaille à la bibliothèque. On nous avait préparé un coin à la bibliothèque, nous nous sommes installés avec un peu de timidité. Un homme est arrivé et il nous regardait avec un grand sourire. Il s’est assis et il a attendu avec patience nos questions. Après la première question (que personne n’osait poser), notre rencontre s’est bien passée. Un homme sympathique qui prend plaisir à nous parler, à partager ses secrets d’écrivain : la première chose qu’il trouve avant d’écrire une nouvelle, c’est le titre. Apparemment, la nouvelle s’écrit tout seul après. Nous avons même fait des essais de poème qui m’ont amusés. Nous avons partagé nos poèmes, poser nos questions et nous avons appris des choses plutôt intéressantes. Une rencontre inoubliable... »(Elif)

« La semaine dernière, on a rencontré un écrivain français, Paul Fournel, dont on a lu plusieurs nouvelles, à l’Institut Français. D’abord, nous ne savions pas ce qu’on allait faire mais ses gestes sympathiques ont effacé nos inquiétudes. Comme nous avions déjà préparé des questions sur les nouvelles, il a répondu avec plaisir. Alors, voici quelques questions qu’on lui a posées et ses réponses :

- Comment choisissez-vous les titres de vos nouvelles ?

- Quand je commence à écrire, généralement je les choisis avant. Mais parfois j’ai des nouvelles sans titre ; alors elles ne sont jamais finies !

- Pourquoi utilisez-vous tant de mots familiers dans vos nouvelles ?

- Moi, je ne pense pas que j’utilise souvent des mots familiers mais je fais attention d’utiliser des mots techniques pour des sujets de boxe comme dans ’Le tueur’.

- La langue française est-elle en train de mourir ?

- Mais non ! J’accepte qu’à cause de la mondialisation, il y a des langues qui souffrent mais avant le Français, il y a tant de langues qui peuvent disparaître donc, c’est un peu difficile de faire ce commentaire pour le français. Même aujourd’hui, le Français est la langue la plus utilisée après l’anglais. Vous en êtes un bon exemple !

Voilà les questions ont continué comme cela et puis on a essayé un peu des jeux littéraires de l’oulipo. Il nous a donné les lettres du prénom de notre professeur de français, Mme Binnaz et il nous a demandé d’écrire un acrostiche :

Blonde elle est

Ici on s’est trouvé

Notre Dame de Sion qui fait

Nos yeux briller

A la fin de l’année

Zut elle va s’en aller.

(Can, Nazli, Merve)



Bonjour notre chère professeur

Intelligence est notre trésor

Ne vous inquiétez pas

Ne vous vous énervez pas

Après l’examen

Zéro.

(Garo et Mustafa)



Belle, c’est un mot inventé qu’on dirait pour elle

Il est beau comme le soleil

Nulle part, ils ne se sont rencontrés

N’est-ce pas un deuil ?

Attends-moi disait-elle sans arrêt

Z est la dernière lettre de l’alphabet comme zorro qui était son dernier amour.

(Lara et Muge)



C’était intéressant parce que les poèmes étaient très drôles et absurdes. (Bike)

« Notre école nous donne souvent la chance d’ accueillir des auteurs français et turcs. La dernière fois, on a eu la chance de rencontrer Paul Fournel ; nous avions étudié ses nouvelles en cours. Ses nouvelles n’étaient pas très intéressantes, l’atmosphère n’était pas bien construite. Personnellement, je suis allée à l’Institut avec des préjugés. Par contre, l’écrivain était très sympathique et modeste. Il a répondu à nos questions avec patience. On a eu l’impression qu’il était très content de voir que nous étions curieux à propos de ses oeuvres. A la suite de nos questions, nous avons lu nos travaux à partir des titres de ses nouvelles. Finalement, je peux avouer que la rencontre était plus amusante que ses nouvelles. »

« Quand on a entendu que Paul Fournel venait en Turquie et qu’on allait le rencontrer à l’Institut Français, nous sommes devenus curieux parce qu’on voulait connaître l’auteur des nouvelles lues en classe. D’après nous, ses nouvelles sont vraiment intéressantes et originales. Avant notre visite à l’Institut, on pensait qu’un homme de littérature peut être ennuyeux mais lorsqu’on l’a vu, on a compris que ce n’est pas réel. Il était très sympathique. Il nous a appris beaucoup. Il était très modeste et convivial. Merci pour l’organisation. (Ipek, Ozge, Serra, Ipek)

Poèmes rédigés par les élèves à partir des titres des nouvelles de Paul Fournel. Ils ont été lus lors de l’entretien (les titres sont en italique)



Suivez-moi

Suivez-moi dans la rue

Suivez-moi dans le jardin

Tu verras que je t’attends.



On va se rencontrer

En lisant les poèmes de notre

Cher Paul Fournel.



Paul Fournel nous a dit :

Suivez-moi les jeunes !

Et voilà,

On l’a suivi et maintenant

On s’est retrouvés ici !

(Garo-Mustafa)



Depuis, des semaines, on étudie ses sportifs

On essaye de rester vraiment positifs

Mais cela est impossible

Après avoir lu la nouvelle : collectif



Pourquoi ne pas aimer la lettre « e »

Quel est votre problème avec eux

On essaye de comprendre l’argotique

Mais, à Notre Dame de Sion, c’est diabolique.

(Güliz-Elif-Simge )

On lit tes nouvelles

On résout tes oulipo

Quand on dort, on te voit

Quand on est à l’école, on te voit.

Quand je suis seul, tu es mon ombre

Quand je pleure, tu es mes larmes.

Tu es une bonne surprise au matin

Parfois ma maison chaude et confortable.

Tu es un tueur dans le soir de l’obscurité

Tu es le feu d’olympia dans mon coeur

Merci Fournel pour tes nouvelles !

(Meric-Görkem)

Les élèves ont voulu écrire à leur façon certaines nouvelles de Paul Fournel ; ils ont donc repris certaines expressions du texte initial (en italique), tout en respectant la trame de l’intrigue et les personnages. A la lecture de ces travaux, l’écrivain s’est exclamé : « Vous avez réduit considérablement mes nouvelles qui l’étaient déjà ! Pourquoi pas ? ».



LA SURPRISE

Jeanine et Claudine, deux cousines « bien aimées »

L’une est grosse, l’autre est soupçonneuse

Un jour Claudine a sonné à la porte de Jeanine

Elle n’en a pas cru ses yeux car c’était Claudine.

Elle avait un paquet à la main

Ses joues étaient plus rouges qu’avant

Elle est entrée et s’est assise :

- Voilà, un cadeau pour toi !

- Un cadeau ? Mais pourquoi ?

- J’ai trouvé un vieux carnet du temps de ta mère et j’ai vu dessus que c’était aujourd’hui ton anniversaire.

Elle l’a pris en disant « merci », épatée

Elle lui a offert le gâteau et le café

Elles bavardaient comme des vraies cousines

Jeanine a trouvé étrange l’idée de Claudine

Sans savoir : « qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? »

Elle a pensé que c’était un cadeau méchant :

Une bombe peut-être ?

A ce moment-là, Claudine est partie

Jeanine a ouvert le paquet et a trouvé un pèse-personne

Elle a posé son pied, droit au-dessus

Et fait son premier pas en enfer.

(Ilgıt-Nazlı)



Autoportrait de l’homme au repos

Mon métier consiste à descendre du haut de la montagne

D’abord parce que lorsqu’il est en haut

L’homme a envie de descendre en bas

Un métier humain

Je suis descendeur

Descendre plus vite c’est d’abord descendre autrement

Faire peur

Skier de telle manière

Dans une vie de descendeur

On ne peut inventer qu’un déséquilibre génial et un seul.

(Can)