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Paul Badura-Skoda, piano

7 mai 2016, 19:30

| Concert , Musique classique , Ouvert à tous

PROGRAMME :

*** PAUSE ***

Paul Badura-Skoda, piano

Paul Badura-Skoda est un symbole : celui du plus illustre représentant actuel de la tradition viennoise, assumant les acquis du prestigieux passé en les confrontant aux découvertes de la musicologie de pointe. C’est aussi l’héritier d’Edwin Fischer et de Wilhelm Furtwängler, vivifié par un rayonnement personnel et une fraîcheur d’approche dont il n’existe guère d’équivalents à notre époque.

La carrière de Paul Badura-Skoda est pour le moins insolite : à une époque qui ignorait les effets de la médiatisation, elle a démarrée par l’alliance des tournées de concerts avec les possibilités qu’offraient les nouvelles techniques de l’enregistrement, le disque étant utilisé comme élément de promotion. C’est par les disques de Badura-Skoda que les discophiles américains avaient pris contact avec le répertoire « classiques » (entendez la musique du classicisme viennois). Ce sont eux qui vaudront au jeune musicien de jouer à bureaux fermés pour son premier concert au Carnegie Hall.

L’itinéraire de Paul Badura-Skoda mérite qu’on s’y attache. Elève d’Edwin Fischer, il devient très vite son assistant. A cette époque, les années cinquante, ses partenaires se nomment Furtwängler, Karajan, Scherchen, Krips, Schuricht, Kubelik. C’est donc à une tradition bien établie à Vienne que se rattache Badura-Skoda. Pourtant, sans rien diminuer de cette poésie fervente par laquelle il avait séduit ses premiers auditeurs, l’évolution de l’artiste l’engage dans deux voies parallèles qui modifient ses conceptions dans le sens d’une fidélité accrue aux œuvres dans la forme et l’esprit. C’est d’abord la musicologie. Parce que les textes dont on disposait à l’époque fourmillaient d’erreurs, Badura-Skoda entreprend l’étude des manuscrits et des éditions originales. Il retrouve des partitions oubliées dans les bibliothèques, publie des articles dans les revues spécialisées, réalise des éditions « URTEXT », écrit des ouvrages documentés sur Mozart et sur Bach. Mais une de ses initiatives majeures, celle par laquelle son nom restera associé à une évolution capitale de l’histoire de l’interprétation, c’est, en 1948, la découverte des instruments d’époque.

Le répertoire où se révèle le talent de Paul Badura-Skoda est immense : les compositeurs viennois où excellent sa sensibilité et son élégance sont le cœur de son monde musical, mais peu d’œuvres de Scarlatti à la musique contemporaine lui sont étrangères, Brahms, Berg, Bartók, Debussy, Ravel lui sont familiers, il en livre des exécutions chaleureuses, émouvantes et exemplaires. Son humanisme musical et sa spiritualité ont trouvé dans sa rencontre avec Frank Martin un interlocuteur exceptionnel, leur amitié a été illustrée par la dédicace de deux œuvres : le deuxième Concerto pour piano et orchestre (1970), puis la Fantaisie sur des rythmes Flamenco (1974).

L’interprète est aussi compositeur : à côté d’œuvres originales écrites dans le langage de son époque, il a complété des œuvres inachevées de Schubert ou de Mozart, comme, par exemple, le célèbre Concerto du Couronnement (auquel il manquait la partie pour la main gauche). Il est aussi l’auteur de cadences et ornementations pour les concertos de Mozart et de Haydn (Vienne, Doblinger)

Comme professeur, enfin, il fait autorité. Doué d’un talent pédagogique remarquable, il transmet avec ferveur l’esprit de la grande tradition et révèle aux jeunes les prémisses des grands secrets : "Avant de jouer, il faut imaginer une belle sonorité, et pour savoir ce qu’est une belle sonorité, il faut écouter les grands pianistes. Ecoutez Cortot : il ne frappait jamais le piano. Les grands pianistes, Cortot, Kempff, Horowitz, malgré leurs techniques très différentes, utilisent la même méthode : ils exercent une très grande pression pour jouer la mélodie, les doigts très près du clavier, sans jamais taper."

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